mardi 24 octobre 2017

Ce qui reste

Résultat de recherche d'images pour "restes"Ce qui reste sur le sable
De la dépouille des pas
Ce qui reste dans l'écho
De la mémoire du cri
Ou du bois et de la pierre
Qu'on garde pour tenir
Dans la lenteur des jours
Litanie des matières
Au corps à corps
Avec le suint des ombres
Où la vie et  la mort se travaillent
Le grain des mots l'atteint si mal
La lumière qu'on voudrait saisir
Est plus farouche que l'oiseau
Le poème  ne rassemble rien
Des restes épars
Qui diraient l'en allé
Les gestes perdus
Les regards simples
Les joies qu'on n'a pas su prendre
A la table du peu
Où l'invisible pourtant se présentait
La peau se tasse sur ses plis
Le sang tourne à l'aigre des regrets
La langue même est un déchet
*
A la table des restes
Dans la poix du silence
Quand tout a été dit de l'impuissance
Le regard n'invente plus rien
Il faudrait s'ouvrir à l'oubli
De la peau et du sang
Dormir enfin tout ce qu'on n'a pas dormi
Mais on tient comme une bête
Dans l'effroi du sillage
On est soi-même un reste
*
L'ennui prend la mesure
Des traces livrées au regard
Petits passages du vivant
Dans sa durée fragile
Os et cendres pétris
Avec les humeurs des corps
Quand ils n'ont plus de visage
Repentirs de copeaux
Sur l'impossible chantier des jours
La pensée aussi dégorge de la sciure
Avorte le poème
*
On n'aura rien nommé
Des mystères qui traversent
L'épanchement des corps
Rien apprivoisé des gestes
Nécessaires au chemin
On n'aura  connu que la marche des bêtes
Langue coupée

Toute trace déjà recouverte

(Ces texticules ont été publiés dans la revue numérique Ce qui reste du temps où elle m'était ouverte grâce à Vincent Motard-Avargues. Je vous les livre sans retouches.)